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E-reporting en restauration : ce qui change en 2027 pour vos ventes au comptoir

Noémie Daniel
Mis à jour le :
05 November 2026
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Fin de service, la caisse édite le Z. Les ventes de la journée sont là : sur place, à emporter, en livraison, ventilées par taux de TVA. Jusqu'ici, ces chiffres partaient chez l'expert-comptable une fois par mois, parfois moins. À partir de septembre 2027, une partie de ces données devra aussi être transmise à l'administration fiscale, plusieurs fois par mois. C'est l'e-reporting, et pour beaucoup de restaurants, il arrive en même temps qu'un autre changement : la fin du régime simplifié de TVA.

L'essentiel : Depuis le 1er septembre 2026, tous les restaurants doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Au 1er septembre 2027, les PME et TPE devront émettre leurs factures en format électronique et transmettre leurs données de vente aux particuliers : c'est l'e-reporting. Le régime simplifié de TVA disparaît le 1er janvier 2027 : les restaurants concernés passent au réel normal, ce qui fixe la fréquence de leur e-reporting. L'e-reporting des ventes au comptoir porte sur des totaux journaliers par taux de TVA, sans aucune donnée personnelle sur les clients.

Facture électronique, e-reporting, NF525 : ce qui concerne vraiment un restaurant

Trois obligations se croisent, et elles sont souvent confondues. Ce sont d'ailleurs les questions qui reviennent le plus chez les restaurateurs que nous accompagnons.

  • La facture électronique (e-invoicing) couvre les factures entre entreprises, émises et reçues en format structuré via une plateforme agréée. Pour un restaurant : vos achats (fournisseurs) et vos ventes à des professionnels, comme une prestation traiteur, une privatisation ou un repas d'affaires facturé.
  • L'e-reporting couvre la transmission à l'administration des données de vente aux particuliers, et de certaines données de paiement. Pour un restaurant : l'essentiel de votre chiffre d'affaires, c'est-à-dire les ventes en salle, au comptoir, à la borne de commande et en ligne.
  • La certification de la caisse (NF525 ou attestation) couvre la sécurisation des données d'encaissement contre la fraude. Pour un restaurant : votre caisse enregistreuse, qui produit les données de l'e-reporting.

Pour un restaurant, l'e-reporting est donc l'obligation qui pèse le plus : la grande majorité des ventes sont faites à des particuliers, qui ne reçoivent pas de facture électronique.

👉 Pour aller plus loin : Réforme e-facturation : tout comprendre en 7 points

Le calendrier du restaurateur : du 1er janvier au 1er septembre 2027

La réforme de la facturation électronique est entrée en vigueur comme prévu le 1er septembre 2026, pour la réception des factures par toutes les entreprises, et pour l'émission et l'e-reporting des grandes entreprises et des ETI. Pour un restaurant indépendant, une boulangerie ou une petite chaîne, les prochaines dates sont celles-ci :

  • 1er janvier 2027 : fin du régime simplifié de TVA. Les entreprises qui y étaient passent automatiquement au réel normal, sans démarche. La déclaration annuelle (CA12) est remplacée par une déclaration trimestrielle (CA3) si le chiffre d'affaires ne dépasse pas 1 million d'euros, mensuelle au-delà ou sur option.
  • Janvier ou premier trimestre 2027 : première déclaration CA3.
  • 4 mai 2027 : date limite de la dernière déclaration annuelle CA12, pour un exercice clos le 31 décembre 2026.
  • 1er septembre 2027 : émission des factures électroniques et e-reporting obligatoires pour les PME et TPE. La loi permet un report par décret, au plus tard au 1er décembre 2027.

Ces deux réformes sont distinctes, mais la première détermine le rythme de la seconde.

Ce que votre restaurant transmettra, et à quelle fréquence

Pour les ventes à des particuliers, l'e-reporting ne porte pas sur chaque ticket. Selon la fiche de l'administration fiscale, il s'agit de données cumulées par jour : le total hors taxe et le montant de TVA, pour chaque taux appliqué, avec la catégorie de l'opération (vente de biens ou prestation de services). Aucune donnée personnelle n'est transmise, comme le nom du client.

La fréquence dépend du régime de TVA à partir de 2027 :

  • Réel normal, déclaration trimestrielle : données de vente une fois par mois, données de paiement une fois par mois.
  • Réel normal, déclaration mensuelle : données de vente tous les 10 jours (3 envois par mois), données de paiement une fois par mois.
  • Franchise en base : données de vente et de paiement tous les deux mois.

Prenons un exemple. Un restaurant de quartier qui réalise 600 000 euros de chiffre d'affaires et déclarait sa TVA une fois par an au régime simplifié passe, le 1er janvier 2027, au réel normal trimestriel. À partir de septembre 2027, il transmettra ses données de vente 12 fois par an. S'il opte pour la déclaration mensuelle, ce sera 36 fois. Depuis la loi de finances pour 2026, chaque transmission manquée peut être sanctionnée par une amende de 500 euros, dans la limite de 15 000 euros par an.

Avec ce rythme, la question n'est plus de savoir si les chiffres de la caisse sont justes en fin d'année, mais s'ils le sont tous les dix jours.

De la caisse à la plateforme agréée : le parcours des données de vente

Le restaurant ne transmet pas lui-même ses données à l'administration. Il passe par une plateforme agréée, qu'il doit avoir choisie, et qui reçoit les données issues de la caisse ou d'un logiciel compatible. Le parcours est le suivant :

  1. Le ticket : chaque vente est enregistrée en caisse, avec le bon taux de TVA par produit.
  2. La clôture : le Z de caisse arrête les totaux de la journée.
  3. L'agrégation : les ventes sont cumulées par jour et par taux de TVA.
  4. Le contrôle : le gérant ou le comptable vérifie les montants avant envoi.
  5. La transmission : les données partent vers la plateforme agréée, qui les transmet à l'administration.

Au support, l'étape 2 est la première source de données manquantes : une journée qui n'a pas été clôturée ne remonte pas vers les outils comptables. L'étape 4, elle, est souvent oubliée : un paiement enregistré deux fois, par exemple, déséquilibre les montants et bloque la synchronisation. Chez Innovorder, Atlas, la plateforme data qui centralise les données d'encaissement, comprend un onglet e-reporting pour contrôler les données jour par jour et caisse par caisse avant leur envoi. Les données peuvent ensuite rejoindre la plateforme agréée de trois façons : par API, par export automatique ou par export manuel. Pennylane, plateforme agréée intégrée à la caisse Innovorder, en est un exemple, mais le restaurant reste libre de choisir sa plateforme.

« Avant de clôturer la journée, vérifiez que les montants de chaque moyen de paiement enregistrés sur la caisse correspondent bien au réel encaissé. Une fois la clôture faite, les commandes ne sont plus modifiables, et une erreur sur un jour déjà clôturé se corrige par une contre-écriture. » — Aurélien, support Innovorder

👉 Pour aller plus loin : X et Z de caisse : définition, obligation et gestion

Les cas propres à la restauration

Un restaurant combine souvent plusieurs types de ventes. Chacun suit une règle différente.

  • Sur place et à emporter. Les taux de TVA diffèrent selon le mode de consommation et le produit, notamment pour l'alcool. Comme l'e-reporting ventile les totaux par taux, chaque produit doit être paramétré en caisse avec le bon taux pour chaque mode.
  • Les clients professionnels. Une prestation traiteur, une privatisation ou un repas d'affaires facturé à une entreprise relèvent de la facture électronique, pas de l'e-reporting. C'est l'une des demandes que nous recevons le plus depuis septembre : pouvoir identifier séparément le chiffre d'affaires et les règlements des ventes aux particuliers et de celles aux entreprises.
  • La note remise au client. La note (ou « fiche repas ») donnée à un particulier n'est pas une facture électronique. Elle reste obligatoire à partir de 25 euros TTC, et les ventes correspondantes entrent dans l'e-reporting.
  • Les groupes à plusieurs restaurants. Pour les factures reçues de vos fournisseurs via la plateforme agréée, vérifiez qu'elles permettent d'identifier le restaurant concerné : sans cette mention, le rapprochement devient difficile.
  • Les acomptes. Pour un événement réglé en plusieurs fois, la TVA sur les prestations de services est due à l'encaissement : les données de paiement peuvent alors entrer dans l'e-reporting. Le traitement exact est à valider avec votre expert-comptable.
  • La livraison via les plateformes. Les ventes passent par votre caisse ou par la plateforme de livraison selon votre organisation : il faut savoir quelle source fait foi avant de transmettre.

La checklist avant septembre 2027

  1. Connaître son régime de TVA à partir de janvier 2027 : trimestriel ou mensuel. C'est lui qui fixe le rythme de l'e-reporting.
  2. Choisir sa plateforme agréée, si ce n'est pas déjà fait pour la réception des factures, et lui indiquer son régime de TVA.
  3. Vérifier le paramétrage des taux de TVA en caisse, produit par produit et par mode de consommation.
  4. Séparer les ventes aux professionnels des ventes aux particuliers.
  5. Mettre en place un contrôle régulier des totaux journaliers, au rythme des transmissions, après avoir clôturé chaque journée. Une erreur sur une journée déjà clôturée se corrige par une contre-écriture, jamais en modifiant le ticket.
  6. Définir qui fait quoi : le gérant, le comptable, l'expert-comptable, et comment corriger une erreur.

La caisse produit les données, mais elle ne choisit pas la plateforme agréée, ne fait pas la déclaration de TVA et ne remplace pas l'expert-comptable. Son rôle est de fournir des chiffres justes, déjà ventilés, au bon rythme.

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FAQ

Mon restaurant est-il concerné par l'e-reporting ?

Oui, s'il est assujetti à la TVA et établi en France : les ventes à des particuliers devront être déclarées à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et TPE.

Dois-je transmettre chaque ticket de caisse ?

Non. Pour les ventes aux particuliers, l'e-reporting porte sur des totaux journaliers par taux de TVA, sans donnée personnelle.

Que change la fin du régime simplifié de TVA ?

Au 1er janvier 2027, les entreprises au régime simplifié passent automatiquement au réel normal : déclaration trimestrielle jusqu'à 1 million d'euros de chiffre d'affaires, mensuelle au-delà ou sur option. Ce régime fixe ensuite la fréquence de l'e-reporting.

Quelle sanction en cas d'oubli ?

Depuis la loi de finances pour 2026, une transmission d'e-reporting manquée peut coûter 500 euros, et une facture électronique non émise 50 euros, dans la limite de 15 000 euros par an pour chacune de ces obligations. Ne pas avoir désigné de plateforme agréée est aussi sanctionné, après une mise en demeure de trois mois.

Mon expert-comptable utilise un logiciel comptable : les données de ma caisse peuvent-elles y remonter directement ?

C'est possible lorsque la caisse est intégrée à ce logiciel, par exemple Pennylane pour la caisse Innovorder. La remontée porte sur les ventes par moyen de paiement et par taux de TVA, à condition que chaque journée soit clôturée.

Une journée de caisse n'apparaît pas dans ma comptabilité : pourquoi ?

Le plus souvent, la journée n'a pas été clôturée en caisse, ou un montant est déséquilibré (un paiement enregistré deux fois, par exemple). Avec l'e-reporting, ce type d'écart devra être corrigé avant chaque transmission.

La note remise au client devient-elle une facture électronique ?

Non. Pour un client particulier, la note reste obligatoire à partir de 25 euros TTC, et la vente entre dans l'e-reporting. Seules les ventes à des entreprises nécessitent une facture électronique.

Ma caisse transmet-elle directement à l'administration ?

Non. Les données passent par une plateforme agréée, choisie par le restaurant, qui les transmet à l'administration.

Sources

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Christophe Peinoche
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“Fort de 20 ans d’expérience au sein des plus grands groupes de la restauration collective, j’accompagne le secteur dans sa transformation digitale avec des solutions numériques innovantes.”
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Expert de la restauration collective
“Fort d'une solide expérience en développement de grands comptes, j’accompagne la transformation digitale du secteur de la restauration collective en proposant des solutions numériques innovantes pour optimiser les opérations.”
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Caroline Motamedi
Caroline Motamedi
Experte de la restauration collective
“Après plusieurs années d’expérience dans un groupe majeur de la restauration collective, j’accompagne les grands comptes dans l'optimisation de leurs opérations et leur transformation digitale.”
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